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 I kept everything inside and even though I tried, it all fell apart – Mihai

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Mihai L. Angelescu
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MessageSujet: I kept everything inside and even though I tried, it all fell apart – Mihai   Jeu 14 Juin - 12:46


Mihai Liviu Angelescu

All the beauty in your face when all the anger separates us.

♫ music is food for the mind. ♫
♫ Dear Mr. Alien - Thomas Bergersen ♫


Informations Générales



IDENTITÉ : Tu t’appelles Mihai, celui qui est comme Dieu, c’est ce que souffle ton prénom, et pourtant il ne t’as apporté que malheur dans une vie trop courte mais trop longue déjà. Tu ne retire aucune fierté de ton prénom, de ce que l’on s’imaginait que tu deviendrais, de rien. Ton patronyme te souffles des souvenirs qui n’ont ni couleur ni douceur,  tu le traines comme un fardeau sans pour autant vouloir t’en séparer. Tu t’appelles Mihai Liviu Angelescu, et c’est tout ce que tu as pour te rattacher à une réalité qui te dépasse. Tes deux prénom sont utilisés communément et connus de tous ceux s’en préoccupant un minimum et tu n’exprimes ni préférence ni attachement envers l’un, ni envers l’autre.
SURNOM / NOM DE CODE : Tu n’as pas pour habitude d’utiliser de surnom, ton nom étant bien assez court comme il est. L’on peut cependant t’appelles Liv’ sans que tu ne sembles t’en préoccuper plus que de raison. Les seuls à avoir trouvé bon de ne plus utiliser ton prénom n’ont jamais eu une grande inventivité, et c’est à des qualificatifs péjoratifs que tu t’es souvent plié. L’Instable, le Muet, ou le plus récent d’entre tous, le Monstre. Il va sans dire que tu ne les as jamais apprécié et qu’ils sont comme une commande pour te faire sortir de tes gonds si fragiles.

ÂGE : Vingt ans, vingt ans que tu foules cette Terre que tu ne comprends pas vraiment. Vingt ans, et tu te demandes comment tu as tenu tout ce temps sous le regard empli de jugement des autres, tes parents, les médecins, tous ceux qui ont eu un jour à s’occuper de toi.
DATE & LIEU DE NAISSANCE : Tu es né le 30 Septembre 1998 dans la périphérie d’Alexandria, en Roumanie, au sud de la capitale, Bucarest, que tu ne connais même pas. Tu n’as toujours connu que cette ville, tu n’as jamais vraiment voyagé, et quand bien même l’aurais tu fais, tu n’as jamais montré aucun intérêt à l’environnement qui t’entoure.
NATIONALITÉ : Roumain depuis toujours, tu n’as d’ailleurs jamais été scolarisé au sens où l’entendrait le commun des mortels, et tu ne parles pas une autre langue que ta langue maternelle. Rien ni personne ne t’as jamais préparé à être retiré à ta vie d’avant comme tu l’as été, et tu as perdu jusqu’à ta langue natale.

SITUATION MATRIMONIALE : Tu es célibataire, comme tout un chacun pourrait s’en douter.  Et tu n’es pas vraiment dans l’idée de voir les choses changer, comme tout un chacun pourrait aussi s’en douter, il suffit de te regarder pour le comprendre n’est-ce pas?
ORIENTATION SEXUELLE : Homosexuel, tu n’as jamais pu le vivre, bercé dans la honte et la haine de toi-même, toutes les tentatives de te faire changer t’ont transformé en ce que tu es aujourd’hui, ce monstre qui te fait peur à toi-même. Tu te considères comme un échec et c’est un sujet sensible que tu ne souhaites pas aborder,  ce fut le début de ton calvaire, ou tout du moins en fut un carburant, et tu aimerais juste oublier tout ça.

METIER : Aucun, tu ne possèdes aucune qualification, aucune connaissance qui puisse te permettre d’évoluer en dehors des murs aseptisés entre lesquels tu as déjà passé beaucoup trop de temps.
LIEU DE VIE : Une chambre de l’Institut Williams, c’est tout ce que tu as aujourd’hui, et tu y es comme une ombre. Si tu n’y restes pas enfermé, c’est uniquement parce que l’on te force à en sortir.

AVATAR : Ezra Miller
CREDIT AVATAR : .Reed


Parlons un peu de toi


CARACTERE : Le première chose qui frappe lorsque l’on te voit, de près comme de loin, c’est ta façon de te tenir. Ta tête est basse, ton dos, presque vouté semble porter sur tes frêles épaules un poids bien trop lourd, tes bras ballants ne font jamais un mouvement de trop, de même que tes yeux bruns restent posés au sol, jamais de contact visuel, avec personne,  comme s’il s’agissait là d’un hérésie à ne jamais franchir. Tu ne rechercheras sous aucun prétexte la proximité de quiconque, habitué à la solitude, tu n’as plus rien de l’enfant insouciant qui courait les ruelles il y a de cela bien trop d’années. Tu n’étais alors pas ce fantôme, cette ombre solitaire que tu es devenu. Aujourd’hui, tu ne supportes plus le contact, une main qui te touche ou t’approche est forcément là pour te faire du mal. Conditionné comme un animal de cirque, tu sursautes et te caches derrière tes bras, tu te tends, l’atmosphère toute entière autour de toi semble se figer au moindre contact, au moindre geste plus rapide qu’un autre. Tu ne fais montre d’aucun intérêt pour ta propre espèce, ayant même plutôt tendance à la fuir. Par peur, oui, mais deux peur qui se mélange en ton esprit sans réellement se distinguer. La peur de la douleur que d’autres ont pu t’infliger, et la peur des maux que toi, tu peux infliger à d’autres, car c’est déjà arrivé après tout. Il y a dans ton esprit cette ombre de pensée que tu ne peux renier, qui te murmure que tu n’as toujours su que détruire, briser, décevoir. Et c’est peut-être pour cela que tu acceptes la tête basse le sort que l’on veut bien te laisser avoir. Pourquoi accepter de s’attacher, pourquoi accepter que qui que ce soit n’entre dans ta bulle si c’est pour au final faire ce que tu as toujours si bien fait depuis ton enfance, briser tout cela comme on briserait un miroir apportant en un geste quelques années de malheur supplémentaires? Ah ça, tu l’es, superstitieux. Tu n’as pas peur des chats noirs, mais tu baignes dans la superstition au moins autant que dans les croyances religieuses de tes parents, quand bien même celles là ne t’aient certainement mené qu’à des impasse, c’est tout ce que tu as toujours eu, les seules connaissances qu’il t’aie été donner de recevoir et avec elles, une base d’éducation tout ce qu’il y a de plus succinct. Tu sais écrire quelques lettres,q quelques mots avec l’écriture d’un enfant, tu n’es pas certain de savoir réellement lire, et cela ne fait pas partie de tes hobbys, surtout pas lorsque les mots ne sont plus dans ta langue natale. L’anglais, tu n’y entends rien, et tu n’en parles pas un mot, mais à quoi bon? Tu es réputé pour être un fantôme silencieux, tu ne parles que trop peu, et c’était déjà le cas lorsque tu étais petit. Un retard de langage, une timidité excessive, un trouble autistique, on a toujours tenté de mettre sur tes épaules un mot, une explication médicale face à ton désintérêt, à ta solitude, ton silence, mais tu n’es pas réellement certain que quiconque ait vraiment trouvé au final, et qu’importe? Personne ne t’aurait écouté de toute manière. Ces rares fois où tu as voulu t’exprimer t’ont laissés dans la gorge un relent amer, alors tu t’es tu. Les gens que tu rencontres aujourd’hui, tu ne leur parles pas beaucoup plus, incapable de parler leur langue ou de la comprendre, tu te contentes de hocher la tête, de repartir à tes occupations, ignorant leur regard dubitatif… La réalité c’est que tu es perdu, tu ne sais comment agir dans un monde que l’on ne t’a jamais appris à connaître. Depuis ton plus jeune âge, tu as vécu enfermé, comme un chien au bout de sa chaîne. Tout t’est inconnu, tout est effrayant à tes yeux. Il est bien loin l’enfant qui se serait émerveillé devant un papillon, ou un artiste de rue.

Tu sais pourtant montrer des signes évident d’intérêt, d’ouverture cognitive à autre chose qu’au vite terne qui emplit ton regard. Mais les seuls êtres envers qui tu accepterais de te tourner te fuient, comme pour parfaire ta malédiction. Les animaux ont peur de toi, la plupart du temps si ce n’est toujours, ils te fuient, montrent des signes de peur, de défense, de malaise. Tu es comme une tempête en approche et eux, il le sentent cette tempête. Tu ne peux leur en vouloir, ils sont peut-être plus humains que bien des hommes. Ils cherchent juste à se protéger. Tu n’es pourtant pas bien méchant. Passif et résigné, tu es ce gamin que les autres gamins entraînent des leurs bêtises pour le laisser en plan, seul, face à la colère des adultes. Tu es ce grand bonhomme trop calme qui ne pourra pas refuser d’accompagner quelqu’un et qui suivra sans vraiment sembler s’amuser, mais qui espérera au fond de lui que peut-être, sa présence fait plaisir… Évidemment, tu n’en croiras pas un mot. Tu es bien trop peu confiant pour cela, bien trop habitué aux déceptions… À être une déception. Mais tu es à, toujours, lorsque l’on vient te chercher, lorsque l’on t’arrache à cette chambre étrange dans laquelle tu passes la majeure partie de ton temps enfermé, protégé par le symbiote qui ronronne sur tes murs. Il est encore inconscient, ce petit faisceau lumineux qui essaie de survivre dans l’obscurité de ton esprit, mais il est là, quelque part, entre ta peur, ta colère et les brisures de ton esprit. C’est grâce à lui qui tu es peut-être si gentil dans le fond, une gentillesse que tu ne sais pas vraiment montrer, mais qui ressort parfois dans tes gestes, dans ta voix, jamais un ton plus haut que l’autre, dans une naïveté qui frôle parfois celle des enfants. Tu es certain de ne savoir que détruire et pourtant, tu es capable d’une douceur presque déconcertante, tremblante et hésitante, mais bien présente. C’est peut-être elle qui, malgré la force des ténèbres qui grouillent en toi, parvient à te garder dans une relative stabilité.

Relative. Car il en faut peu, vraiment très peu, pour que les gonds peu à peu commencent à lâcher. Plus ces derniers faiblissent, plus tu te refermeras sur toi même, et il est important, crucial même, que les personnes avec qui tu interagis connaissent les listes à ne pas dépasser, qu’ils les remarquent, car toi, tu vis toujours sur un dangereux fil d’Ariane, tu marche tel un funambule sans perche ni filet sur ce câble tremblant, émoussé de toute part, et tu pries matin et soir pour que ce dernier ne cède pas, car ta confiance en toi ne te permet pas d’imaginer que, peut-être, c’est toi qui la maitrises, qui la gardes à l’intérieur, cette force qui t’entoure et te suit sans jamais se faire complètement oublier. Tu les envies, ces autres personnes qui semblent si normales que tu as pu croiser dans l’Institut lors de l’une de tes rares sorties jusqu’à présent. Tes Cendres ne sont peut-être pas aussi remarquable qu’une peau bleue, ou qu’une quelconque fourrure, mais elles sont toujours là, elle vivent autour de toi, menacent au moindre contact, se figent lorsque ton cœur dérape pour un rien, elles sont tes mots lorsque toi, tu te meus dans ton intangible silence.

L’eau te terrifies. Tu l’associes à une multitude de mauvaises expériences, tu l’associes à la douleur, au manque d’air, tu l’associes à la noyade, ou presque. Tu n’es pas pour autant quelqu’un de sale, se laver n’est en rien comparable à se baigner, mais tu ne rempliras jamais une baignoire, tu n’approcheras pas d’un point d’eau, et tu essaieras aussi d’éviter de sortir sous la pluie. Tu as appris avec le temps à essayer de fuir toutes les sources d’inconfort. Tu les as trop longtemps subies, et aujourd’hui tu souhaites juste les oublier. Tu ne sais pas nager, c’est une évidence. La pluie ne te noieras pas, elle te fera pas grand mal non plus, mais ta Cendre n’apprécie pas, et ce que la Cendre n’aime pas, tu ne l’apprécie guère non plus. Il en va de même pour les bruits trop puissants, ou répétitifs. Tu paniques à l’écoute de feux d’artifice, inutile d’imaginer ta réaction face à des coups de feu, la musique trop forte t’enfermera dans ta bulle, et à trop insister, tu pourrais finir par tomber de ce mince fil de rasoir sur lequel tu glisses continuellement. Au contraire pourtant, tu aimes la musique, tu adores ça même. Elle est l’une des seules choses qui puisse te rappeler de maigres souvenirs de ton enfance, des souvenir qui pourtant finissent toujours par faire mal. Les souvenirs d’un gamin qui rêvait de devenir danseur. Depuis combien de temps n’as tu plus même ne serait-ce qu’imaginé pouvoir danser un jour… Tu t’empêches même de simplement taper du bout des doigts un rythme musical… C’était ton tout premier rêve et ils l’ont brisé, raté à grand coup de pieds, c’était ta façon de t’exprimer, et aujourd’hui, on cherche encore un mot à coller sur ton mutisme. Non, aujourd’hui, on a trouvé. Tu n’es guère plus qu’un Monstre, une vague d’obscurité vouée à détruire, d’une force que tu n’es même pas prêt à  imaginer. Tu n’es rien de plus. Et tu ne mérites rien de mieux.

PARTICULARITÉS : Ta principale particularité serait peut-être que tu sembles ne jamais être vraiment là, toi, cette grande ombre qui a appris des années durant à se faire oublier. Un mètre quatre-vingts supportent ta peau blême comme un fantôme silencieux qui n’a pas vraiment ça place ici, ni là, ni ailleurs. Tu ne sembles pas non plus être vraiment jamais seul, comme un apiculteur a ses abeilles, tu traines avec toi, à peine visibles, celle que tu appelles tes cendres, sorte de matière aux allures volatiles à la texture difficilement descriptible, qui glisse contre ta peau et dans ton environnement proche comme mue par une volonté bien à elle qui réagit cependant à tes émotions, en offense comme en défense. Elle peut faire penser à des cendres en suspension dans ton environnement proche, mais ne se laissera toucher par personne, comme une poussière fuyante. S’il fallait remarquer quelque chose de particulier, au delà de ce qui t’amènes ici, l’on s’arrêtera certainement sur la multitude de petites cicatrices sur tes mains, et ton crâne, comme autant d’anciennes petites coupures blanchâtres et brillantes. D’autres, plus grosses et plus épaisses courant le long de ton dos, souvenirs que tu n’exposerais pour rien au monde au yeux de quiconque, comme tant de précieux et douloureux morceau de ta vie que tu ne souhaiterais infliger à d’autre. Tu as sans doute mérité tout ça, mais loin de toi le désir d’en faire montre à autrui. Tu es un garçon discret et qui s’étonnerait après tout, de ne jamais te voir retirer hors de la protection de ta chambre, les vêtements qui protègent ton teint blafard des éléments ou du regard du monde? En moins on te regarde, en mieux tu te portes.

Tu possèdes, tatoué sur le bras, le nombre 686.



Be careful of the... race


Un institut pour mutants... Et pourquoi pas une garderie ? Que pense ce personnage du complexe géré par le Professeur Williams ? Pourquoi ? : Tu as bien de la peine à saisir le concept de cet institut. Dans ta tête, cela n’est guère qu’un institut de plus, et c’est peut-être pour cela que tes pas se font si timides en son sein. Tu ne comprends pas encore vraiment ce que tu viens faire ici, pourquoi ici et pas ailleurs. Le concept d’un endroit sain et paisible t’es inconnu depuis de bien trop longues années et tu es méfiant. Tu attends que quelque chose tombe, une sorte de piège derrière les beaux jardins, jardins que tu n’as par ailleurs même pas encore vraiment visités, toi qui t’es confiné seul à ta propre chambre, laissant tes Cendres en envahir les murs comme tant de lierre mazouté, tu n’en sort que lorsque l’on te le demande et tu ne daigne que brièvement ouvrir la bouche en présence d’autres personnes. Ta difficulté à t’adapter, au delà d’une barrière de langage qui te parait insurmontable réside certainement dans le fait que tu as depuis longtemps courbé l’échine et accepté le fait que tu méritais les malheurs qui t’arrivais avant que tu ne te réveilles ici. Tu sais ce que tu as fait, et c’est bien pire qu’un lot confortable que tu penses mériter. Cet institut si tu ouvrais les yeux, est pourtant le plus grand salut qu’il pourrait t’être donné dans ta maigre vie. C’est la première fois qu’un lieu ne semble pas te vouloir du mal, ou vouloir rectifier ce que tu es, et c’est cela que tu as bien du mal à comprendre. Tu es comme un animal de cirque dressé à l’électricité: tu passes ton temps à attendre le prochain coup de jus, mais depuis que tu es ici, ce dernier n’est jamais arrivé.

Où en est-il de sa manipulation de pouvoirs ? Et d'ailleurs, quels sont-ils ? : Tu es un Symbiote Explosif. Ton pouvoir se caractérise pas cette matière brunâtre similaire aux différentes formes que peut prendre la lave. Tu l’appelles ta Cendre. La plupart du temps cette Cendre, c’est cette poussière qui t’accompagne, flottant comme des morceaux de papiers brûlés autour de toi, même si le plus souvent elle se glisse contre ta peau et sous tes vêtements, comme un gros chat ronronnant. Dans ta chambre elle couvre les murs, ressemblant plutôt à une sorte de lave brunâtre qui se meut sur toutes les surfaces qu’elle rencontrera sans jamais vraiment sembler s’endormir. Cette matière réagit au gré de tes émotions, plus fortes sont elles, plus violente sera-t-elle elle. Tu ne donnes pas l’impression d’être réellement capable de te contrôler, de la contrôler elle. Elle agit comme un bouclier ou une épée selon ton état d’esprit, te protégeant ou te permettant de fuir. Tu n’es pas à proprement parler quelqu’un de violent, pourtant cette Cendre est capable de prendre des dimensions et une violence dont tu ignores les limites. En symbiose avec ton corps, elle est toi et tu es elle, tu es capable lorsque tes émotions te surpassent de disparaitre dans la Cendre. Cet état reste cependant extrêmement rare, et signifie qu’il aura fallut que tu entres dans une colère, une peur, ou une émotion particulièrement forte pour finir ainsi, il aura fallu que tu ne veuilles plus réfréner cette émotion, et faire retomber la tempête dans laquelle cela te transforme relève d’une impressionnante maîtrise, ou d’une bonne dose d’inconscience. Te calmer, parvenir à te ramener à la raison, te parler, te remettre en confiance,  apprivoiser l’animal qui s’est pris un coup de jus de trop, voilà une entreprise bien complexe. La force est utilisable et peut potentiellement porter ses fruits aussi, mais il n’y aura pas de seconde chance si le premier essai rate. Ton pouvoir possède une force de destruction sans précédent, la matière pouvant s’étendre et se déformer à volonté ou comme bon lui voudra, elle se se déplacera lorsque tu entreras en symbiose avec elle comme moult explosions de tailles et de puissances plus ou moins fortes. Fort heureusement, ce stade est rarement atteint, et c’est lorsque l’on connait cette force que l’on comprend ta constante méfiance, ta retenue, ce calme contenu, l’échine courbé comme si cette cendre pesait lourd sur tes épaules bien trop minces. Tu répudies ton pouvoir, c’est lui qui est la cause de la majeure partie de tes soucis, mais tu ne peux réellement le renier et au fil des mois tu as aussi pris un peu de la culpabilité que tu jetais sur lui. Dans son sillage tu ne voies que destruction et désastre, et tu sais que tu es celui qui, quelque part, est le créateur de tout ça. Ce sont tes émotions plus que ton conscient qui en maîtrisent les formes, ce qui au yeux du monde te rend d’autant plus dangereux que tu te sens aisément menacé, n’ayant jamais eu l’occasion d’envisager les autres comme autre chose que des menaces. À première vue, ceux qui ont pu t’observer ne dépeignent de ce pouvoir qu’une force hasardeuse qui détruira tout sur son passage sans mécanisme particulier, mais tu n’en es pas si sûr. Tu sais bien que quelque part, les destructions arrivées par le passé ne sont pas si hasardeuses… Mais tu es un garçon intelligent, tu sais que tu aurais tout à perdre à agir de manière réfléchie, consciente.  Alors tu laisses le doute planer et tu te contente de vivre avec ces Cendres, sans chercher à en savoir plus. Les contrôler n’est pas, n’est plus une préoccupation pour toi, tu aimerais juste te faire oublier. Si la force qui sommeille en toi peut paraître ingérable, tu n’es pas sans faille, et c’est l’eau qui a toujours eu raison de toi, l'eau et le bruit. C’est pour cette raison que tu refuses de te baigner, que tu évites la pluie et que tu éviteras les bains. Comme un animal enragé serait arrêté net par un jet d’eau un peu trop puissant, tu deviendras toi même impuissant ace à une quantité trop importante d’eau. De surcroît, tu as aussi une peur bleue de cette dernière, que tu ne peux combattre. Le bruit quant à lui aura tendance à te faire sortir de tes gonds, une fête trop bruyante, des bruit comme les feux d'artifices ou autres coups de feu, tu les fuiras comme un animal.

Que pense-t-il du Dôme et de Praedam Hill ? :Le Dôme, Praedam Hill, tant de choses qui te sont inconnues, et qui par extensions, t’effraient. Tu ne connais rien de tout ça ni rien de similaires, toi qui as toujours vécu coincé entre quatre murs souvent bien trop petits pour tes grandes jambes, tu te retrouves propulsé dans un monde que tu n’imaginais même pas. Tu n’as pas mis les pieds dehors, et tu t’es à peine renseigné, tu ne connais du Dôme et de Praedam Hill que ce que l’on t’a dit, et surtout, que ce que tu as écouté, et compris. Ton incapacité à parler la langue locale te donne l’impression de ne pas naviguer dans le même monde que les autres et tu ne dis rien. Lorsque l’on te parles, que l’on ne le sait pas, toi, tu te contentes de hocher la tête et de repartir à tes occupations sans comprendre, tu ne souffles pas mot, et tu te contentes d’observer. À dire vrai, tu ne fais guère que cela, observer. Ce Dôme pourrait paraître comme une zone de confinement pour bien des êtres y vivant, mais pour toi, il sera certainement le plus grand espace que tu auras jamais eu l’occasion de visiter. Tu as depuis toujours ou presque vécu dans des espaces si confinés que cet endroit te laisse entrevoir une sorte de liberté que tu ne penses même pas avoir le droit de vivre. Tu t’enfermes toi même après ce que tu as pu voir par le passé. Si ce Dôme est une grande cage, alors c’est la cage que tu auras toujours mérité. Si cela peut éviter que tu ne fasse plus de mal, peut-être est-ce la solution après tout? Tu n’as encore pas eu vraiment le loisir de rencontrer ou d’apprendre à cohabiter avec les autres habitants du Dôme, pour ce faire, peut-être faudrait-il déjà que tu apprennes à cohabiter avec toi-même.



Et toi, marionnettiste ?

Je m'appelle mika. et j'ai 24 (presque 25!) ans.
J'ai connu le forum grâce à Cette fourbe de Davy et je le trouve super prometteur! Hâte d’en voir plus pour ma faible personne!.
Mon personnage est un inventé créé par moi sans grande originalité oups.
Je ne possède pas de double compte pour le moment.
Le mot de la fin : J’aime les tartines, je m’en excuse (pas) ! !


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Mihai L. Angelescu
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MessageSujet: Re: I kept everything inside and even though I tried, it all fell apart – Mihai   Jeu 14 Juin - 12:49


   
I never wanted this thing called living



 


Les bruits du parc qui t’entourent te sont familiers sans que tu ne les écoutes vraiment, comme cette routine sui ne nos atteint plus, tu trottines entre les arbres sans avoir l’air de te soucier de rien, tu es insouciant, et tu t’amuses, tout seul, à défaut de mieux. Seul, c’est aussi ta routine. Certains autres enfants de ce parc sont accompagnés par leur mère, leur père, parfois les deux, mais toi tu es seul, à courir d’un jeu à l’autre à chasser tantôt les écureuils tantôt les moineaux. Ni ta mère ni ton père ne se sont déplacés pour venir te tenir compagnie et tu n’as pas vraiment d’amis, tu joues très bien seul, tout ça te convient. Après tout, ce qui amuse les enfants que tu connais de l’école ne t’amuse pas vraiment toi. C’est ce qu’il se passe lorsque c’est toi, qui leur sers de jouet. Tu n’es pas bien grand, maigrelet, ta famille n’est pas fortunée bien au contraire et tes habits aussi abimé que démodés sont toujours une grande source d’amusement pour beaucoup, pour tous en réalité, même les plus timides qui se rangent derrière ceux qui parlent le plus fort dans l’espoir de se trouver un groupe qui les accepte. Toi tu ne parles pas fort, tu ne parles même presque pas, tu as cessé de leur demandé de te laisser tranquille et tu te contentes maintenant de mettre tes bras en avant pour protéger ton visage, réflexe sans grande conviction, au cas où. Tes parents n’ont jamais été inquiété, les gamins, ça tombe tout le temps, ça se chamaille aussi, il y a toujours une explication à tes bobos, et tu as appris à ne pas te plaindre. Tes parents ne s’inquiètent pas non plus de te voir disparaitre de la maison seul, pour aller jouer au parc ou n’importe où, l’important étant que tu ne sois pas en retard pour le repas. Oh non, tu n’as pas envie d’être en retard au repas. Tu n’aimes pas vraiment les punitions et les corrections, alors tu es un gamin sage, un peu trop peut-être, mais qu’importe, chez toi personne ne te demande de tenir la conversation. Il en a toujours été ainsi. Tu as huit ans, et c’est comme cela que tu as appris à vivre, tu ne connais rien d’autre, pour toi, c’est comme ça et puis c’est tout. Tu trottines dans ce parc qui peu à peu se couvre de feuille rousses, et tu presses le pas car tu as entendu la cloche sonner, ta maison n’est pas très loin c’est l’heure de rentrer.

La porte grince dans un soupir las lorsque tu la pousses presque timidement pour rentrer dans une petite maison enclavée entre deux autres. Chez vous, la lumière a du mal à entrer, tout parait un peu triste, fatigué, terne, la poussière pourtant n’a pas sa place ici, le désordre non plus. Tu aides d’ailleurs souvent ta mère avec les petites tâches, les choses à ta portée.  Ton père n’est pas très présent et malgré ton jeune âge tu sais que ta mère est fragile. Alors tu essaies de l’aider, comme on te l’a toujours appris. C’est ton père qui te peur, pas ta mère. Ta mère elle, beaucoup diraient qu’elle ne t’aime pas vraiment, c’est un concept qui t’échappe, qui t’est inconnu, et personne ne t’en a jamais vraiment parlé, les gens dehors, ils te regardent parfois avec des regards un peu désolés mais ils se contentent de ça. Chacun sa vie. Lorsque tu fermes la porte derrière toi, tu entends le bruit caractéristique de ta mère dans la cuisine et tu prends juste le temps de retirer tes chaussures, et te laver les mains pour aller mettre la table, deux assiettes, deux verres et deux jeux de couverts, ce soir, ton père n’est pas là, comme d’habitude. Ce soir, le repas sera silencieux, plus encore que d’habitude,e t tu devineras que ta mère est de mauvaise humeur. Ce soir comme tous les soirs tu iras te coucher sans qu’on te le demande.

Tu as dix ans, et les oiseaux du parc te donnent l’impression d’être toujours les mêmes dans ce parc dans lequel tu passes la majeure partie de tes fins de journées. Mais aujourd’hui tu n’es pas seul. Depuis un peu plus d’un an et demi, tous les soirs ou presque, avant l’heure du repas, tu retrouves Amira, une gamine d’un ou deux ans plus âgée que toi, tu as oublié. Elle t’as récupéré dans un coin de la coure après que les autres t’aient ennuyé un jour et ne t’as plus lâché depuis. Tu ne saurais dire si elle est ton amie, tu n’es jamais vraiment sûr de ça, et on te le dit souvent, tu es un peu particulier, toi qui ne parles pas beaucoup, toi qui peine encore à tenir ton crayon et à lire quelques lignes. Tu ne lui parles pas beaucoup plus à Amira mais elle t’aime bien quand même, elle te promène partout et arrive parfois même à te faire faire montre d’intérêt, pour autre chose que les petits oiseaux et les animaux qui passent par le parc. C’est grâce à elle que tu écris, mal et peu, mais que tu écris quand même, c’est aussi grâce à elle que tu peux lire quelques lignes quand bien même ton niveau soit bien inférieur à celui de tous les autres. Les professeurs ont demandé à voir tes parents mais depuis rien n’a changé. Amira elle, n’a que douze ans et pourtant, elle y arrive, un peu, mais même un peu c’est beaucoup pour toi. C’est elle aussi qui t’as présenté à sa professeure de danse, Xenia, un petit bout de femme costaud, déterminée, tout l'inverse de ta mère tant dans son sourire que dans sa douceur. Tu l’accompagnais juste au début, assis dans un coin, jusqu’à ce qu’elle vienne te voir, pour te demander si ça te plairait d’essayer. Oh, pour ça non plus tu n’es pas très habile, mais tu ne cherches pas à être parfait. C’était la première fois que l’on s’intéressait à toi et c’était quelque art déjà un peu effrayant. Depuis quelques mois, tu accompagnes Amira à ses cours mais tu ne restes plus assis sur le bord, l’on ne t’a jamais rien demandé de payer, on connait ta situation, on connait tes parents sans les connaître aussi, les murmures vont vite après tout, et les rumeurs n’en sont pas vraiment à leur sujet. Une mère au tempérament instable, un père un peu trop dur dont tu ne connais pas grand chose de plus que la grosse voix et le regard qui te juge, vous ne vivez pas à la rue mais il suffit de te regarder pour savoir que vous n’avez pas grand chose… Ou que l’on ne te fait pas cadeau de la meilleure des enfances. Tout le monde elle voit mais personne ne le dit, ce que font Amira et sa professeure de danse, c’est juste essayer de te donner un peu de Soleil.

Et du Soleil, elles t’en ont donné. Pour quatre ans encore, cette petite routine a fait passer pour toi les jours comme on effeuillerait un éphéméride. Tu n’es pas devenu beaucoup plus bavard, mais tu a appris à leur sourire, à leur montrer des émotions que seules elles pouvaient voir, tu as commencé peu à peu à faire montre d’intérêt envers elles, tu as semblé t’éveiller à un monde que tu avais ignoré jusqu’alors. Oh, tu te contentes encore de le regarder par le trou d’une serrure mais c’est plus que ce que tu n’as jamais fait jusqu’alors. L’école t’es toujours aussi pénible, et à celle là s’ajoute maintenant les médecins. Tu sais que ta mère à horreur de t’y amener alors c’est ton père qui s’y colle. tu n’es pas réellement malade, malgré ton teint blême et ton corps frêle qui semble toujours avoir du retard par rapport à tes camarades, ce n’est pas ta santé physique qui inquiète tes parents, c’est autre chose. Ton mutisme, ta posture, la majeure partie de ce que tu es. Tu n’es même pas vraiment sûr qu’ils s’en inquiètent d’ailleurs. tu sais qu’ils te mènent voir ces médecins car l’école le leur à vivement conseillé, tu as aussi pu entendre parfois des bribes de conversations; ta mère lorsqu’elle se met à hurler, face à toi, face au vide, face à ton père parfois aussi. C’est toi qui la perturbe tu en es convaincu mais tu ne sais pas trop pourquoi, tu ne l’as jamais trop compris. Tu n’es pourtant pas un mauvais bougre. tu en as vu des enfants manquer de respect à leur parents mais qui ne te ressemblaient pourtant pas. alors pourquoi toi qui n’as jamais ouvert la bouche envers ta mère, toi qui fais toujours ce que l’on te demande, comme on te le demande, pourquoi est-ce que c’est toi l’erreur? Mais tu ne demandes rien, lorsqu’elle te hurle après sans raison, lorsqu’elle te lance assiette ou bol à la figure, tu te contentes de détourner le visage et d’opiner en baissant les yeux. Tu ne sais faire que ça après tout, tu n’es qu’une ombre de plus dans cette maison aux fenêtres bien trop petites, un meuble embarrassant parmi tant d’autres, ça tu le sais bien, on s’est toujours assuré que tu le sache, même lorsque l’on ne te le disait pas en face. Tu ne le comprenais peut-être pas vraiment lorsque tu n’étais que cet enfant qui allait jouer seul au parc sans ses parents mais tu es assez grand maintenant, tu n’es peut-être pas exactement comme tous les autres dehors mais tu n’es pas stupide.

Cela fait 5 ans maintenant que tu suis les mêmes cours que ta seule amie, tu n’es pas un virtuose, mais tu n’as plus rien à voir aujourd’hui avec les petits pas tremblants du gamin qu’Amira avait la première fois amené à son cours de danse pour ne pas le laisser seul dans le parc. Une heure et demie trois fois par semaine, une heure et demie pendant laquelle tu parviens à cesser de courber l’échine, pendant laquelle tes yeux sombres s’ouvrent sur un monde qui te semble d’habitude toujours de trop. Tu te déplies et tu bouges. une heure et demie pendant laquelle personne ne te reproche tes gestes un peu trop gracieux un peu trop délicats pour le bonhomme que tu es sensé devenir, une heure et demie pendant laquelle on ne te regarde pas de travers. Une heure et demie pendant laquelle eu à l’impression d’être un peu plus qu’un fantôme. Xenia, la professeure a toujours été bienveillante envers toi, comme envers n’importe lequel de ses élèves. C’est grâce à elle que tu as appris ce que signifiait l’inquiétude. A cause de son regard lorsqu’elle te voit arriver avec une entaille quelque part sur le visage ou sur les mains, lorsqu’elle remarque que ton dos est plus raide que d’habitude. Mais elle ne peut rien faire Xenia, et Amira non plus, car tu ne veux pas. Tu ne les laisses pas s’en occuper, tu te replies tu t’enfermes, tu t’échappes. Tes parents ne connaissent ni l’une ni l’autre, ils ne savent rien de tout cela. tu ne sais pas mentir, au contraire, ton éducation t’a toujours poussé à dire la vérité mais tu n’as jamais eu à le leur dire: ils ne t’ont jamais rien demandé. Tu ne veux pas qu’ils sachent car toi tu sais qu’ils ne seraient pas d’accord, tu sais qu’ils te retireraient ta seule source de lumière et cela te fait bien trop peur.

SHE BROKE YOUR WINGS SO YOU FELL DOWN ON EARTH

 


Les bonnes choses pourtant ont toujours une fin et tu as été naïf, égoïste peut-être aussi, de penser que cela continuerait comme ça. Tu n’as eu besoin que de voir, sur la table de la cuisine les demi-pointes que t’avais offert Amira quelques mois plus tôt pour que ton monde s’écroule. C’est ta mère qui les a trouvé en faisant le ménage alors que toi, tu étais dehors pour les courses. Tu as pourtant toujours fait attention à les laisser hors de vue, à les cacher, et tu n’aurais jamais oublié ça. Tes troubles obsessionnels compulsifs t’auraient de toute façon rattrapé. Elle ne les a pas trouvé, elle les a cherché. tu en es certain alors que tu l’entends hurler pour la énième fois, alors que les larmes te montent aux yeux. Ces larmes qui empirent encore les choses… Tu as dix sept ans passés, les garçons de ton âges ne pleurent pas, les garçons de ton âge ne dansent pas non plus. Ton père est là aussi, et tu ignores lequel des deux crie le plus fort. Tu sais en revanche lequel des deux frappe le plus fort, et si ta mère se contente de te lancer au visage tout ce qui lui passe par la main, ton père est celui qui s’occupe du reste. Le lendemain, tu ne seras pas au rendez vous pour le cours de Xenia, ni les autres jours. Officiellement tu as tenté de mettre fin à tes jours. Personne ne s’est d’ailleurs posé la question, au vu de ton comportement et de tes divers retards et autres troubles, cela a semblé n’être que la suite logique des chose pour tout le monde. « Il fallait bien que cela arrive un jour » as-tu entendu ton père dire aux médecins à travers la cloison. Peut-être est-ce la seule fois ou le regret te sembla poindre dans la voix de ton père… Mais tu le sais dans le fond que ce n’est pas ce qu’il laisse voir aux médecins… Tu te demandes d’ailleurs pourquoi personne ne semble se poser de questions… Pourquoi personne ne te demande rien à toi. Oh, tu ne leur dis rien non plus, tu n’en as jamais été capable.

Tu n’auras pas l’occasion de revoir Amira ni Xenia, tu ne referas pas non plus le parc ni ta chambre. Les murs de l’hôpital devinrent ta seule résidence. Là-bas les médecins ne se comportent pas comme tes parents mais tiennent le même discours. Ils sont la pour te soigner disent-ils mais te soigner de quoi? Tu mettras des semaines à recommencer à marcher, tes jambes douloureuses, au moins autant que tes mains et tes bras dont les plaies se sont refermées un peu plus rapidement tout de même mais ont encore la couleur rose vive de la chair. Tu ne parles plus que par de brefs signes de tête, et tu n’auras pas mis longtemps à t’enfermer de nouveau. On te fait passer test sur test, on te fait voir du monde, des gens qui te parlent qui essaient de te faire parler, des gens qui t’expliquent ce que tu as fais de mal et qui t’expliquent qu’ils sont juste là pour t’aider. Ils ressemblent pourtant à ceux qui t’enferment lorsque tu commences à t’énerver. Ils te confinent en t’expliquant que c’est pour ton bien mais c’est eux qui se protègent car tu en as blessé un, une fois, lorsqu’il essayait de te donner un médicament. Tu ne parles pas, tu n’écris pas, tu ne communique presque pas, mais tu n’es pas stupide. Seul dans ta chambre tu restes assis dans un coin au sol. depuis quelques temps tu retires de tes vêtements des petits lambeaux friables qui t’ont fait peur au début. Persuadés que cela vient de ta peau, tu as d’abord accusé les médecins dans ton esprit, tu as paniqué, t’imaginant des scénarios de cauchemars ou ta chair finirait par se retrouver à vif, comme un animal dépecé vivant pour sa fourrure et comme tout le reste, tu as fini par te résigner.

Tu ignores pourquoi tu continue de retirer cette poussière de ta peau machinalement, tu prends soin de ne pas laisser les médecins la voir quand bien même ils aient un peu trop souvent à ton goût l’opportunité de te voir retirer pantalon et chemise. Tu ignores comment ils ont pu ne rien remarquer encore mais ça t’angoisse. Tes connaissances du monde extérieur sont bien trop limitées pour imaginer ce qu’il peut être en train de t’arriver et tu te sens pris au piège dans cette prison blanche à l’odeur aseptisée. Tu n’as personne ici, tes jambes te font encore souffrir à cause de tes os certainement pas encore tout à fait remis, tu n’as personne à qui te raccrocher ici et ta solitude ne te suffit plus comme rempart face au monde. Les mois se suivent et se ressemblent et tu as arrêté de compter. Ton dix huitième anniversaire, personne ne te le souhaita, ce n’était pas la priorité après tout. tes parents ne viennent pas te rendre visite et ne te manquent pas. tu aimerais voir Amira, ou Xenia, ou n’importe quel élève du cours, mais personne ne vint jamais. Savent-ils seulement où tu te trouves? Ton esprit te murmure parfois que tes parents ont peut-être dit à tous que tu as réussi à mourir ce soir là, mais tu essaies de ne pas l’entendre. Tu serais certainement mortifié d’avoir raison après tout.

MEN BROKE YOUR SPINE INTO AN ENGINE


♫ RUN ♫
Ludovico Einaudi




Tu n’es pas normal, quelque chose en toi ne tourne pas rond. Tu ignores ce qu’il se passe, cela te fait peur aussi, sans pour autant que tu n’arrives réellement à saisir cette sensation. Quelque chose ne va pas, c’est tout ce que tu arrives à te dire, et quelque part dans le fond de ton esprit, une petite voix essaie de te murmurer que peut-être ta mère l’avait senti… Peut-être était-ce pour cela que toutes ces années, elle n’avais vu en toi qu’un lourd fardeau à porter, le centre de tous ses soucis, la mauvaise nouvelle qu’elle aurait préféré ne pas voir le soir lorsque tu rentrais à la maison? Dans ta chambre, le temps te semble comme s’être lentement arrêté, tu ignores quand est-ce que tu en as perdu la notion mais tu es juste capable de savoir s’il fait nuit ou jour, même s’il faut encore pour cela que tu traines ta carcasse jusqu’à la salle commune, voir du monde, voir la lumière du jour… Toi tu as plutôt tendance à rester dans la sécurité à peine relative de ta chambre, la pénombre ne te dérange pas vraiment. Tu sais bien qu’elle ne te protège pas le moins du monde, que lorsqu’ils viennent pour les médicaments, ou pour t’emmener faire un énième test, une énième torture, la pénombre ne fait rien, mais quelque part, la lumière blafarde des plafonniers laisse ton esprit glisser tranquillement vers une sorte d’angoisse constante dont tu n’arrives pas à te défaire. Tu es arrivé ici parce que tu ne savais faire que danser, aujourd’hui, on te garde ici parce que l’on te pense fou à lier. Toujours assis dans un coin de ta chambre, abandonnant le lit dès lors que de trop nombreux pas commençant à raisonner dans le couloir, tu n’as pas sorti le moindre mot depuis des semaines, des mois peut-être, quelques grognements retenus en guise de réponse ou de réaction à quelque douleur, mais « rien de très encourageant » ne cesse de répété celui qui se fait appeler psychiatre, ou psycho-quelque-chose que tu dois voir passer au moins une fois tous les deux jours. Rien de très encourageant, tu le sais, tu l’as bien compris malgré ton absence presque totale de dialogue avec qui que ce soit dans cet établissement.

Tu ignores comment cela se fait, mais tu sais qu’ils voient tout. Tu le sais car il t’a demandé à plusieurs reprises déjà pourquoi depuis quelques temps tu passes de longues heures assis à côté de ton lit le regard rivé sur l’ombre qui sommeille en dessous. Ils ne l’ont pas encore vu, et tu ignores comment cela est possible. Elle te semble être partout, de plus en plus présente, cette poussière qui n’en est pas réellement. Elle te semble glisser de ta peau comme presque continuellement, tu ne saurais expliquer sa texture, mais tu as bien compris depuis le temps qu’elle disparait lorsqu’ils approchent… Tu ne pourrais l’assurer, mais tu dirais qu’elle se cache. Et c’est au seul endroit ou l’œil de ta chambre ne peut la voir qu’elle a élu domicile. Masse informe et vivante agglutinée sous le matelas comme un monstre ronronnant qui attendrait son heure. Un monstre. Tu ne peux communiquer avec, mais tu jurerais presque pouvoir l’entendre murmurer des choses incompréhensibles dans ton esprit, et tu l’observe, tu passes tes journées à ça, l’observer sans comprendre. Lorsque tu glisses ta main sous ce lit, elle s’engouffre sous tes vêtements sans sembler réellement les remplir, sans réellement sembler te vouloir du mal, tu espères te tromper, mais tu ne peux imaginer cette chose autrement que comme une sorte d’extension de toi même… Une extension qui te conforte dans sa présence au moins autant que tu la souhaites disparue. Sa texture est difficile à déterminer, fuyante, impossible à attraper comme un état entre eau et fumée, elle n’a aucune couleur ni aucun reflet, elle te semble aspirer la lumière autour d’elle sans jamais en rendre en retour, et malgré tout elle te rappelle les cendre à moitié tièdes encore, dans la cheminée l’hiver…

Tu sursautes, t’éloignes rapidement de ton lit alors que ton regard  pas si différent de celui d’un animal affolé se pose sur les deux silhouettes qui viennent de passer l’encablure de ta chambre. Tu n’es jamais réellement violent ou réticent, depuis le temps, tu as bien compris que c’est inutile. Lorsque l’on vient te chercher, rien ne sert de se débattre,  cela n’a que pour effet de rendre les choses plus difficiles encore. pour autant, ton cœur s’emballe à chaque fois, tu ne peux t’empêcher de sursauter et de t’éloigne, alors que tu sais très bien que tu n’iras pas plus loin que le mur de ta chambre. Ils n’ont que quelques pas à faire pour couvrir la distance qui te sépare d’eux en ricanant le plus souvent. On t’attrape par les deux bras, on te relève et c’est tout juste si on te laisse le temps de suivre, de toute façon ils sont assez costaud et toi assez maigrelet pour n’avoir qu’à te soulever si tu viens à trop trainer le pied. Un regard en arrière et tu devines qu’elle est encore cachée là sous ce lit où elle t’attend, comme d’habitude. Comme d’habitude aussi, tu verras les médecins qui s’occupent de toi, tu ne leur parleras pas plus, on te donnera des médicaments -tu ignores s’il s’agit toujours de mêmes ou non- , on essaiera de te faire parler, réagir, on te bousculera, on te secouera, physiquement, moralement… cela n’a pas marché depuis des semaines, pourquoi espèrent-ils seulement que cela commence à marche maintenant? Tu ne parles peut-être pas, mais tu n’es pas sans remarquer leurs regards plein de jugement, leur déception, leur dégout aussi, alors qu’ils te rappellent pourquoi tu es là, quels troubles tu trimballes comme un fardeau… « Mais nous allons régler tout ça ensemble » Combien de fois as-tu entendu cette phrase qui te glace le sang alors que tu ne voies pas comment tout cela pourrait seulement commencer à s’arrêter? Quelque chose ne va pas avec toi, sinon pourquoi serais-tu ici, maintenant? Quelque chose ne va pas chez toi et il n’y a rien à y faire. Tu es résigné ou tu sembles l’être, ton corps mou et ton esprit amorphe, tu te laisses trimballer et tu les laisses faire ce qu’il veulent. Si ça peut leur fair plaisir. Tu les hais pourtant, de tout ce corps frêle, de toute ton âme éteinte, tu les détestes, et ils t’effraient… Ils t’effraient trop pour que tu n’oses rien faire. Il n’y a rien à faire de toute façon.

Tu n’imagines pas toi même le monstre qui sommeille comme un gros chat ronronnant au creux de ta poitrine. Tu n’as pas idée que cette piqûre sera la dernière, tu ignores encore qu’ils ne te laveront plus avec ce jet trop froid qui les fait rire à chaque fois que tu essaie de te cacher ou de garder une dignité qu’ils t’ont depuis trop longtemps arrachée. Tu ignores que là, contre ta peau, sous ton lit, sur tes murs,  ce n’est ni plus ni moins qu’une cocotte minute sans soupape qui chauffe doucement, et qui commence à manquer d’espace. Tu es encore dans la fumée lorsque l’on te remet sur ton lit, les médicaments agissent toujours comme ça: ils te rendent incapable de penser ou d’agir réellement, tune peux guère que subir mais tu n’oublies rien. Tu vois tout comme un catalectique en pleine crise, et tu n’y peux rien. Et le temps tourne, il tourne sans s’arrêter sans t’attendre. tu retrouve à peine tes sens à l’heure de manger, mais tu dois manger. Tu n’as pas faim, comme d’habitude, tu serais peut-être déjà mort si on ne s’était pas assuré que tu avale quelque chose tous les jours. Tes repas, ce n’est pas à la cantine que tu les prends, comme les autres, tes repas, c’est ce plateau que l’on vient pour sur le charriot que l’on traine jusqu’à ton lit, c’est ce court moment qui te parait des heures où l’on profite que tu sois encore dans le gaz pour te faire manger. Les piqûres, les cachets leurs voix mielleuses et leur regards de dégoût tu les supportes, tu les as toujours supporté depuis que tu es arrivé ici, mais il y a une chose à laquelle ton esprit n’es pas encore parvenu à se soumettre et c’est celle là. Devoir ouvrir la bouche sous peine de suffoquer, c’est un réflexe que le corps ne peut réprimer, si l’on vous bouche le nez, il va bien falloir que vous inspiriez. Tu n’es guère plus qu’une pauvre bête que l’on gave et plus tard ils arriveront sûrement à se reporte de ton cadavre en guise de repas de fêtes. Mais pas ce soir.

Tu les entends arriver et tu essaies de te retourner, te redresser, t’asseoir sur le bord de ton lit sans y arriver. Tu ne parviens guère qu’à rouler sur ton côté mais ton corps est trop lourd, malgré que ton esprit lui crie de fuir,  tu en es incapable. Ils s’approchent et tu entends le bruit caractéristique du plateau qu’ils posent sur son fidèle support alors que tu essaies comme chaque fois, de leur demander de ne pas faire ça. Ils s’en amusent, c’est vrai, tes mots qui n’arrivent à franchir tes lèvres et se laissent entendre en de maladroit bruits gutturaux, c’est amusant. Tu sens la main sur ton épaule, celle qui va te redresser, celle qui va s’adonner à sa tâche… C’est là que tout dégringole pourtant. Tu tournes les yeux avec une horreur toute relative vers la forme sombre qui s’élève de sous ton lit, qui se glisse le long de tes poignets. Tu ignores si tu es effrayé, si ta panique est une réaction à cette chose qui sors enfin de sa cachette où si tu as juste peur que l’on te la retire… Tu as toujours voulu imaginer qu’elle t’effrayais mais en vérité quand bien même tu l’aies haï, elle est aussi la seule chose ici qui n’a jamais tenté de te faire du mal. On t’attrape avec plus de force encore, leur voix augmentent d’un ton, on te cries dessus, on appelle les autres, tu ne sais pas trop, tout les bruits se mélangent dans ton esprit mais tu ne sais qu’une chose: ils ne t’ont encore rien fait. Dans leur voix après la surprises, après la colère, c’est l’effroi qui trouve sa place, et c’est là que tu l’entrevoies: une possibilité pour que tout s’arrête. Ça crie, des pas précipités arrivent dans le couloir, tu paniques, ils vont te faire du mal s’ils arrivent à te retenir, tes sens s’éveillent comme une alerte rouge et tout à coup la pression sur tes épaules, celle qui continuait de te maintenir s’évapore. Un bruit de chute de chaque côté de ton lit parle de lui même, mais tu ne cherches pas à y penser, tu ne penses à rien d’ailleurs, ton regards glisse sur tes mains, sur la matière sombre qui t’entoure comme un bouclier, cette même matière dans laquelle tu as l’impression de te fondre… Est-ce seulement possible? Une voix silencieuse dans ton esprit t’assure que oui, mais tu ne peux y songe plus longtemps, ils vont venir t’empêcher de fuir, il faut que tu sortes.

Ce sont les murs de ta chambre qui sautent en premiers, tu n’entends même plus le brouhaha, les cris, les alarmes, tu ne penses plus et surtout tu n’essaies plus de retenir tout ce que tu as retenu depuis tout ce temps. La colère, le chagrin, la peur, la haine, tout ce qui sommeillait en toi jusqu’alors gonfle exponentiellement et ni les murs, ni les corps n’ont la force de te retenir. D’aucun pourrait décrire ces explosions comme ce que l’on peut parfois observer à la surface des étoiles, des gerbes violentes qui n’ont pas de cible propre mais détruisent tout ce qui se dresse sur leur route. Tu n’es pas quelqu’un de violent, tu es même plutôt discret, un gentil garçon auraient dit les petites vieilles du parc quelques années auparavant, pourtant l’hôpital, il ne resta rapidement plus rien. Quelque murs et des briques entassées, et toi, toi qui ne te reconnais pas toi que personne ne pourrait reconnaitre. Une déflagration lugubre, un monstre informe qui écrase tout comme un énorme essaim de frelons noirs, la cendre glisse dans l’air à l’image d’une nuée de petits oiseaux obscures, s’étendre et se déforme pour s’écraser au sol alors que tu fuies, maladroitement, Elle avale tout sur son passage sans perdre en puissance tu n’as qu’une chose en tête, t’éloigne rue plus possible, disparaitre, elle elle sait où elle t’emmène mais tu n’y arriveras jamais.

THEY MADE YOU A WEAPON





La maison de tes parents n’était pas si loin pourtant. Quelques dizaines de kilomètres sur lesquels tu as laissé ta trace comme une bête énorme l’aurait fait en retournant la terre sous ses pas. Tu ne la gérais pas, pas vraiment, elle elle s’est contentée de suivre tes émotions, comme un train de marchandise sans frein, lancé à travers champs jusqu’à son terminus. Mais ton terminus à toi, tu ne l’as pas atteint. Tu ignores comment, tu ignores quand, mais ils sont arrivés avant que toi tu n’arrives. Peut-être que tu t’es épuisé, ton corps frêle après tout n’est pas fait pour endurer pareil décharge d’énergie, tu l’as senti s’éteindre doucement, nourrie pourtant par tes émotions qui elles avaient peine à faiblir, ils t’ont fait baisser ta garde tu ignores comment, et ils t’ont arrêté. D’une boité de porcelaine, tu es passé à une boite de béton. Lorsque tes yeux se sont ouverts, tu étais là, sur ton lit, on s’était assuré que tu ne puisse fuir, attaché comme le plus grand colosse alors que sous tes vêtements blancs et neufs, on pouvaient deviner les pointes de tes hanches et l’arrondi de tes côtes… Partout autour de toi, contre ta peau, dans l’air de la pièce, la cendre s’étalait passive, alerte. Ils ne t’ont pas laissé le temps de paniquer, toi tu ne comprenais rien, mais ils sont venus, ou plutôt, ils t’ont parlé sans que tu ne les voies, la plupart du temps… Personne au début ne s’est risqué dans la pièce… L’aurais tu fait toi même? Tu ne les connaissais pas ceux là, tu ne les avais jamais vu. C’est la première fois que l’ont t’as parlé de mutants et tu as tout refusé d’entendre. Ils ont pourtant trouvé un homme parlant ta langue pour communiquer, mais tu t’es fermé comme une huître… Se fermer ne les a jamais empêché de se faire manger sans même que l’on prenne la peine de les tuer avant.

Tu es la depuis quelques semaines déjà, on a fait sur toi une quantité de tests que tu n’arrives même pas à imaginer… Oh, pas les mêmes que dans cet hôpital, non, pire peut-être… Là-bas, ils se contentaient de te bourrer de cachets, un autre patient parfois te faisait boire la tasse dans les toilettes, on te malmenait , mais tu as toujours connu ça, c’est presque normal pour toi. Ici pourtant, rien de tout cela, ou pas de la même manière… Tu n’as pas compris tout de suite mais cela a fini par te paraître comme une certitude: ici, ce n’est pas vraiment toi que l’on teste, c’est cette ombre sans texture. Et toi avec. A défaut de parvenir à prendre un échantillon de ta Cendre, ils t’ont pris à toi tout ce qu’ils ont bien pu penser à te prendre. Chevaux, peau, sang, on ne te dis rien, ou on t’explique les choses sans que tu ne comprennes vraiment… tu penses qu’ils le font exprès. Après tous, les médecins sont doués pour te dire les choses sans trop t’en dire non plus. Tu ne sors jamais de ton plein gré, on te sort, on te promène, d’une pièce à l’autre, comme une souris blanche dans sa cage entre deux pièces de laboratoire. Parfois on t’explique ce qu’il va se passer, parfois non. Ils essaient de la déclencher, plus ou moins fort, ils essaient de la réguler, de la contenir, et ils ne reculent devant rien pour qu’elle prenne ta défense cette ombre symbiotique qui ne te quitte plus. Tu as quitté une salle de torture pour en retrouver une autre, mais celle-ci se fiche bien de tes ballerines, celle ci sait ce que tu es, et dans le fond, tu as l’impression que c’est pire.

On essaie de te l’arracher, d’en isoler des morceaux, on essaie de la séparer de toi sans grand succès à chaque fois. Chaque jour une nouvelle idée, chaque jour un nouveau supplice, et tu te dis que c’est fou comme les hommes savent faire preuve d’inventivité lorsqu’il s’agit de torturer alors que lorsque l’on doit aider ce gamin qui se prend des coups de pieds dans le fond de la cour, tout d’un coup c’est la page blanche. Les enfants ça peut être violent, voilà la réponse universelle, mais ne sont-ils pas au moins aussi mauvais lorsqu’ils t’effraient ou te blessent, pour voir comment elle va réagir Elle? On te met dans le noir où on t’éblouit, on te drogue aussi, ou du moins tu l’imagines, tu n’as jamais testé ça par toi même, et ton esprit s’affaiblit plus rapidement que tu ne le voudrais, ton corps aussi. Se laisser faire comme un animal de cirque quel’n aurait bien trop souvent maté ne semble pas fonctionner. Ici, ils ne s’arrêtent pas à cela, comme s’ils voulaient plus. Plus que ce gamin malingre qui regarde ses pieds pour essayer d’éviter qu’on ne lui fasse du mal… Et tu n’as pas tort, ils veulent plus que ça, et pour ce faire ils te poussent à bout, ils attendent le feu d’artifice, le bouquet final, ils attendent que tu exploses. Et même comme ça, ça ne leur suffit pas. Les murs de ta chambre, ou du moins, ce qui ressemble à ta chambre, ils tiennent le coup, ils ne s’ébranle pas lorsque tu sors de tes gonds, lorsque, enfin ils parviennent à déclencher la tempête. Mais ça ne leur suffit pas et il continuent, encore, encore et encore. On te donne des exercices, on agite une carotte sous ton nez pour que tu donnes un peu du tien… réussi, et tu pourras te reposer quelques temps.. Un jour, deux jours, ça dépend. Pas assez, certainement. Mais tu n’es pas un garçon méchant, et tu obéis, toujours, même lorsque tu n’y arrives pas.

On prend des notes, on t’évalue. C’est ce qu’ils passent leur temps à faire, ils ne t’apprennent rien, et tu apprends à tes dépends comment elle fonctionne cette matière, ou plutôt c’est elle qui s’accoutume à toi seule. Elle fait partie de toi comme si elle avait toujours été là, prend ses aises, son espace, elle est physique, visible de tous et ne se cache plus, amas de bitume qui se glisse contre ta peau contre ton sol… Tu te demandes s’il finiront par te tuer, mais il n’en est rien. Garder les spécimens en vie, c’est peut-être plus économique, qui sait.

AND GOD MADE YOU LAST TOO LONG



Les murs de ta chambre sont à peine visibles, recouverts de toute part par cette matière terne aux allures de mazout vivant qui se prélasse contre les murs sans jamais vraiment s’arrêter de vivoter. Ta chambre est bien différente de celles que tu as connu depuis des années. Ici, cachés par ta Cendre, ce sont des murs ouverts sur une porte, une fenêtres, longés d’un bois bien trop noble pour que tu n’en connaisses le nom d’ailleurs. Ici il y a un lit, une table de chevet, et une lampe sur cette dernière, il n’y a rien qui t’appartienne car tu es arrivé avec ce fardeau: rien. Seule ta Cendre et ton corps encore bien trop maigre. Ton lit, tu ne t’en sers même pas, tu préfère rester assis à côté, le dos contre un montant, tu as tiré les draps pour te faire une place un peu plus confortable à côté, mais tu refuses encore de prendre tes aises là dessus. Tu as pris l’habitude après tout, les lits, on t’y as attaché, on t’y a collé de force, on t’y as drogué et on t’y a gavé, le sol est dur mais certainement plus accueillant, moins effrayant, il te rappelle moins de maux. Puis la matière est là, partout autour de toi comme une rempart obscure qui te surveille, elle disparait lorsque tu daignes sortir de cette chambre, te suis où que tu ailles, et revient s’installer dès que tu rentres.

Cela ne fait que quelques jours que tu es ici, ta portes est ouverte, personne n’est encore venu te faire de mal, personne n’est venu te tirer de ta chambre de force, seulement de temps en temps, quelqu’un vient s’assurer que tu vas bien… Est-ce que tu vas bien? Tu n’en sais rien. tu pourrais fuir d’ici, mais tu ne le fais pas. Pourquoi? Tu n’en sais rien, mais quelque part, cet endroit ne t’as pas l’air austère pour le moment… Effrayant mais pas de la même manière que ce à quoi l’on t’a habitué. Tu oses sortir, faire quelques pas timides dans le couloir, tu as à peine osé t’aventurer à l’extérieur pour le moment mais pour la première fois depuis des années, ton esprit s’éveille pour autre chose que pour avoir peur , ou mal. Pour la première fois depuis des années, ton esprit s’éveille, intrigué comme cette poule que l’on vient de sortir de son élevage en batterie et qui se déplace encore dans l’herbe avec une démarche qui en ferait rire beaucoup mais qui est en elle même bien triste à voir. Tu n’as pas vu l’extérieur depuis des années, ta peau est aussi pâle que celle d’un malade, rendue grisâtre presque, par la cendre qui se glisse contre elle sans cesse, mouvement perpétuel qui volète autour de toi paisiblement.

Tu ne les comprends pas, les gens que tu croises, tu les entends, mais sur leurs langues coulent des mots que tu ne comprends pas. Tu ne connais pas l’anglais, et tu n’as d’ailleurs aucune idée de ce que c’est. Tu ne sais même plus lire comment pourrais tu espérer identifier unilingue que l’on ne t’a jamais appris? Tu te fais petit, les rares fois où tu sors, c’est seul, tu essaies de trouver les moments de calmes, et tu sautes les repas la plupart du temps. Tu es comme ce chat sauvage qu’un bon samaritain aurait secouru sur un bord de route: tu ne connais pas les signes, tu as peur de tout, tu vis caché sous le lit. Tu attends que plus aucun bruit ne vive dans les couloirs pour daigner sortir de ta cachette et aller grignoter un morceau de gamelle laissée posée à ta disposition, avant de disparaitre de nouveau sous cette cachette de fortune. tu n’oses pas sortir et pourtant, quelque part, ton instinct te demande de ne pas fuir cette étrange maison qui lui semble accueillante… Tu as tenu environ une semaine déjà, une semaine sans que l’on ne t’aie rien fait, sans que l’on n’aie rien attendu de toi. Combien de temps va-t-il encore te falloir pour sortir ton museau de ta cachette, affronter les regards et la présence des autres? Cela paraît si facile, mais tu as vu trop de bâton pour réussir à t’y risquer.

Tu es un chat perdu, un chat dont les griffes pourraient à tout moment détruire l’entièreté de cet endroit, et pourtant, tous les matins, on t’ouvre la porte, on s’assure que tu vas bien, on essaie de te donner une seconde chance. Sur ton bras brillent, encore tous frais, les chiffres 686, et cet endroit te dépasse encore bien trop pour que tu imagines que cette seconde chance, tu t’apprêtes à la vivre dans une prison de verre.


   



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MessageSujet: Re: I kept everything inside and even though I tried, it all fell apart – Mihai   Jeu 14 Juin - 12:50
O.M.G. TE VOILÀÀÀÀÀÀÀ !!!!!
Ce début de fiche est déjà énorme, j'adore Je suis trop contente de te voir ici <3
Et ce petit Mihail... On en mangerait


Là où tout commence et tout fini
You got the makings of greatness in you, but you got to take the helm and chart your own course. Stick to it, no matter the squalls ! And when the time comes you get the chance to really test the cut of your sails, and show what you're made of...   ▬ well, I hope I'm there, catching some of the light coming off you that day.

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MessageSujet: Re: I kept everything inside and even though I tried, it all fell apart – Mihai   Jeu 14 Juin - 12:54
Je suis d'accord avec toi cette fiche donne envie de voir la suite
En tout cas bienvenu et si tu as des questions n'hésite pas




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MessageSujet: Re: I kept everything inside and even though I tried, it all fell apart – Mihai   Jeu 14 Juin - 12:55
Mais quel bon début Vivement la suite de ta fiche Contente de te compter parmis nous et surtout bienvenue c'est le plus important


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He ate my heart. ✻ That boy is bad and honestly, He's a demon in disguise. He is cold as death. His heart no longer beats, he has no more feelings. The blood circulates in our veins but he needs to drink it. That boy is a monster.
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MessageSujet: Re: I kept everything inside and even though I tried, it all fell apart – Mihai   Jeu 14 Juin - 12:56
Héééé, cette fiche est déjà aussi canon que le personnage en effet Bienvenue ici j'attends la suite de cette fiche avec impatience


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MessageSujet: Re: I kept everything inside and even though I tried, it all fell apart – Mihai   Jeu 14 Juin - 13:15
Wow, ce début de fiche envoie du lourd !!! J'ai hâte d'en savoir plus sur ton petit Mihai !

Bienvenue parmi nous !!! Bon courage pour ta fiche !


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No, not gonna die tonight, we've gotta stand and fight forever. No, not gonna die tonight, we've gotta fight for us together. They can't keep their chains on me when the truth has set me free. ∞
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Mihai L. Angelescu
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MessageSujet: Re: I kept everything inside and even though I tried, it all fell apart – Mihai   Jeu 14 Juin - 18:40
Ohhh vous êtes adorables ! J'espère ne pas vous décevoir sur la suite alors
D'ailleurs en parlant de suite, j'en ai posté un bout pour vous faire patienter!

Et j'espère finir tout ça rapidement Je suis trop trop trop motivé, et trop content d'être enfin parmi vous



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MessageSujet: Re: I kept everything inside and even though I tried, it all fell apart – Mihai   Jeu 14 Juin - 20:36
C'est de la bombe Et je connais ce style d'écriture Bienvenue parmi nous J'espère que tu te plairas ici Et j'ai hâte de lire la suite


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MessageSujet: Re: I kept everything inside and even though I tried, it all fell apart – Mihai   Jeu 14 Juin - 22:06
Bienvenue par ici


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MessageSujet: Re: I kept everything inside and even though I tried, it all fell apart – Mihai   
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I kept everything inside and even though I tried, it all fell apart – Mihai

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