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 ☾ Contexte

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Nyx F. Williams
#HUMAINE — TROP HUMAINE ?

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#HUMAINE — TROP HUMAINE ?
▼ Crédit Avatar : Arcadie.

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MessageSujet: ☾ Contexte   Ven 20 Avr - 21:42

Call Me Legend

I'm not affraid of the Dark...


Je cours. Je cours parce que c’est la seule chose qu’il me reste à faire : fuir. Loin des autres. Loin des villes. Loin de ceux qui me traquent alors que je n’ai rien demandé à personne. Je menais une vie paisible en Pennsylvanie avec ma famille, j’allais au lycée et je n’y avais pas forcément beaucoup d’amis mais je m’y sentais bien. Je pouvais être n’importe qui ou bien moi-même, tout le monde s’en fichait. Tout le monde se connaissait. Tout le monde s’entendait bien… Et puis quelqu’un m’a dénoncé et, d’inconnue lambda je suis devenue une cible à abattre. J’ai dû quitter ma maison précipitamment sans un regard en arrière, abandonner tous mes proches et commencer un chemin que je ne pensais jamais avoir à faire. Vous savez comment sont les parents, non ? Ils vous disent qu’ils vous protègeront toujours, que vous serez en sécurité auprès d’eux et que rien ne vous arrivera si vous suivez les règles… Foutaises. Ils n’ont rien pu faire quand l’armée a débarqué. Ils n’ont rien empêché quand ils ont annoncé devoir m’emmener. Et ils n’ont pas cherché à me rattraper lorsque je me suis enfuie.

Eux, ils étaient humains après tout. Mais moi pas.

Je n’avais jamais entendu parler de mutants avant d’en être une. Je n’avais aucune idée du nombre que nous étions et, à dire vrai, je m’en foutais. J’avais peur. J’étais terrifiée, terrorisée, et j’ai rapidement compris que ma survie était liée au nombre de personne que je rencontrais sur ma route. J’ai erré plusieurs jours en Pennsylvanie avant de sortir de l’état pour me rendre vers Cleveland ; au début je faisais du stop mais je me suis rapidement rendue compte que les automobilistes avaient tendance à poser trop de questions. Les routiers, en revanche, beaucoup moins. J’ai été surprise de voir qu’aucun avis de recherche n’avait été lancé à mon encontre, ma photo n’a pas circulé sur les écrans de télévision et aucune alerte n’a résonnée dans un autoradio. J’ai baissé ma garde une fois à proximité de Cleveland. Peut-être que je pourrais me fondre dans la masse d’une grande ville ? J’y ai cru. J’ai voulu m’y accrocher. Et j’ai perdu.

Le sang coule de mon bras mais je ne dois pas m’arrêter. J’ai mal à en crever, à en serrer la mâchoire jusqu’à faire crisser mes dents. Mes pas font un bruit monstrueux dans la boue, je les entends résonner dans mes oreilles au même timbre que mon souffle saccadé. Haché. Mon énergie se vide petit à petit, l’adrénaline qui a envahi mes jambes semble peu à peu s’amenuiser et l’air dans mes poumons vient à manquer. Je dois continuer. Je dois leur échapper. Je ne dois pas…

Mon corps percute soudain quelque chose de lourd et c’est l'inconscience qui m’accueille dans ses bras.




Lorsque je rouvre les yeux, une lumière doucereuse éclaire la pièce où je suis installée. Une odeur de bois verni et de fleurs fraîchement coupées flotte dans l’air, entremêlées à celle de lessive et de… Je me redresse vivement dans une inspiration surprise, réalisant que je ne suis plus dans les bois. La pièce est petite mais chaleureuse, digne d’une série américaine un peu trop typique, bordée de planches et de parquet. Je soulève le drap qui me couvre : je suis habillée d’un jean et d’un tee-shirt. Ils ne sont pas à moi. Ca me fait grimacer rien qu’à l’idée d’avoir été déshabillée… Je suis mineur, bon sang ! Je bouge mon épaule et, étrangement, elle ne me fait plus mal du tout. En passant ma main dessus, je ne sens rien. Pas de trace de balle ou quoi que ce soit. Rien. Comme si rien ne s’était passé. Pourtant, je…

Ma tête me tourne lorsque je m’assieds au bord du lit et je porte mes paumes à mes tempes. Inspirer. Expirer. Voilà. Je me souviens de ma famille. Je me souviens de Cleveland. Je me souviens avoir été interpellée alors que je sortais les poubelles du bar où je travaillais… Et puis plus rien. Absolument rien. Il manquait une partie. Une pièce. Je n’aimais pas ça. Je sursautai en posant les yeux sur mes bras : sur le gauche, à l’intérieur, était tatoué un numéro : 24. Qui m’avais fait ça ? Qu’est-ce que ça signifiait ? Et où est-ce que j’étais ?!

Je me lève en entendant du bruit, m’approchant de la fenêtre. L’extérieur ressemble à des jardins bien entretenus sur deux niveaux et, un peu partout, je peux constater la présence de plusieurs autres êtres humains. Certains en petits groupes, d’autres isolés, un couple là, deux plus jeunes se pourchassant avec un ballon… Qu’est-ce que c’est que ce délire ? Prenant mon courage à deux mains, j’abaisse la poignée – ouverte – de la porte et me retrouve dans un couloir inconnu au tapis épais. Je suis pieds nus. Tant pis. Des murmures s’échappent ça et là pourtant je ne vois personne et, un soupir plus tard, je m’élance en direction du grand escalier qui trône à l’extrémité de l’allée. Il y a de la vie en bas. Des gens qui vont et viennent dans un grand hall dallé. Ma main serrée sur la rambarde, je fixe, hébétée, ces personnes qui n’ont pas vraiment l’air de me voir. Ou pas choqués de ma présence.

Mon regard vagabonde sur les décorations, le grand lustre, les murs décorés de livres lourds, les hautes fenêtres aux vitraux chatoyants, les colonnes donnant sur des couloirs et… En bas de l’escalier, un homme qui se tient debout. Il porte une chemise et un veston sur un jeans. Drôle de look. Il m’adresse un sourire et, dans le doute, je me retourne pour vérifier qu’il n’y a personne derrière moi. Rien. J’ose reporter mon regard sur lui et, prudente, je descends encore quelques marches jusqu’à arriver à deux mètres de lui. Il sait que je suis méfiante, il me le dit. Il m’informe aussi que je n’ai rien à craindre ici. J’aimerais le croire mais… L’expérience fait que je ne suis pas certaine de pouvoir. Ça l’amuse, gentiment.

Il s’appelle Lachlan Williams mais ici, à l’institut, tout le monde l’appelle Professeur Williams. Et c’est un mutant… Tout comme moi.




Je m’appelle Eather Storm et ces souvenirs remontent à plus de dix ans maintenant. Dix ans que je côtoie l’institut Williams et que j’ai découvert la seule zone urbaine à des kilomètres à la ronde : Praedam Hill. Dix ans que j’ai été recensée comme mutante et parquée dans un immense dôme invisible censé nous protéger du monde extérieur… Pourtant, quand je vois la population de la région j’ai tendance à croire que c’est le reste de la planète qui se protège de nous. Car si je me croyais différente, ce n’est rien à côté de ce que j’ai pu rencontrer jusqu’à présent : des créatures venues du fond des âges, certains à la violence inouïe, obligées de se côtoyer et de survivre dans un espace qui ne sera jamais assez grand pour nous tous.

Au cours des siècles, l’être humain à voulu fouiller son passé et déterrer les souvenirs. Il n’aurait jamais dû le faire. Jamais du se souvenir. Jamais du réveiller ce que l’Histoire gardait dans l’obscurité. Pour notre bien à tous. Pour notre plus grand malheur aussi. Nous sommes des monstres, des loups, des vampires, des sirènes, des métamorphes et tout ce que la nature n’a pas voulu créer volontairement. Nous sommes prisonniers d’un univers qui ne veut pas de nous.

Et vous savez quoi ? Un jour, tout ça va finir par péter.


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